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 Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec

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MessageSujet: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Mar 13 Sep - 21:59


ALEC MURDOCK

 
« She means the world to me, as far as I believe she's made of ecstasy. My girl, she kicks ass. »
 

 
▬ NOM COMPLET : Alec, Angus Murdock. ▬ ÂGE : 40 ans. ▬ DATE & LIEU DE NAISSANCE : Aberdeen (Ecosse) le 13 août 1976. ▬ NATIONALITÉ & ORIGINES : Ecossais. ▬ STATUT AMOUREUX : Célibataire. ▬ MÉTIER OU ETUDES : Manager d'un groupe de rock. ▬ STATUT FINANCIER : De l'argent. Pas mal d'argent. ▬ TRAIT DE CARACTÈRE : Le cliché parfait de l'insupportable écossais râleur à souhaits, un peu radin et qui aime boire son verre. Il est ravagé. Un peu. Ce qui n'aide pas à lui donner l'air moins apathique, disons-le. ▬ AVATAR CHOISI : David Tennant.

 
Si tu étais...
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  ▬ UNE PIERRE PRÉCIEUSE : Le topaze.
  ▬ UNE ODEUR : L'herbe et la rosée du matin, qui me rappellent mon Ecosse natale.
  ▬ UN DÉFAUT : L'apathie.
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  ▬ UN PAYS : La Grande-Bretagne.
  ▬ UN ALCOOL : Whisky pur malt.
  ▬ UNE QUALITÉ : La détermination.



 

Behind The Screen
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Dernière édition par Alec Murdock le Ven 16 Sep - 10:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Mar 13 Sep - 21:59


Story Telling

 

 
Mon monde entier qui s’écroule. Qui éclate en milliers de petits morceaux de verre qui viennent se planter dans mon corps meurtri par la douleur. Je ne suis plus que feu ardent. Je brûle vif. Je me sens mourir et c’est tout autour de moi qui perd de sa couleur, de son importance.

Il n’y a plus rien. J’ai perdu l’unique fil qui me retenait encore sur Terre il y a trois semaines de cela. J’improvise, depuis. Les pas s’enchaînent comme si j’étais fait de métal, mes jambes guidées par une télécommande. Et c’est tout. Je vis par réflexe. C’était pourtant bien parti…


- Vous ne devinerez jamais avec qui vous allez tourner, les gars. Jamais.

Et j’étais fier de moi. Bon sang, ce que j’étais fier. Frapper des fûts était une épreuve, jouer de la guitare un supplice pour les oreilles d’autrui, je gérais la basse aussi bien qu’un tyrannosaure amputé d’un bras et je ne vous ai pas encore parlé de ma voix mélodieuse à souhaits. Par contre, dégoter depuis trois ans déjà des petites dates à gauche et à droite à mes amis d’enfance qui eux avaient un don évident pour la musique ne m’avait jusque-là encore jamais posé problème. J’étais doué dès que j’ouvrais la bouche. Quatre ans après qu’ils aient démarré leur groupe, ils avaient grâce à mes talents pu être tête d’affiche dans l’une des plus belles salles de notre Ecosse natale.

Mais ce que je leur avais trouvé là…

- Trente-quatre dates réparties sur six mois…
- Accouche, Murdock !


Un large sourire se dessina sur mon visage alors que je jubilais encore de mon génie. Levant les deux bras en signe de victoire, je ne me fis pas plus prier :

- Première partie des dates européennes des Red Hot Chili Peppers !

Juin 1999. Sortie de l’album Californication et inévitablement le début d’une tournée. Et voilà que mes potes allaient fouler les planches avec des grands du milieu ! Nous avions seulement vingt-deux ans et cette opportunité nous ouvrait les plus belles portes qu’un groupe de gosses du fond de l’Ecosse pouvaient rêver. De l’or en barre.

Le début d’une longue et belle carrière sur les routes. C’est quatre ans plus tard que je l’ai rencontrée. La femme avec qui je n’avais pas peur d’être moi-même.


- Alec ?

Je tournai lentement le buste, baissant le regard sur la plus jolie demoiselle qu’il m’ait été donné de rencontrer durant ma vie entière. En quatre ans, j’avais parcouru le monde et j’y trouvais sa plus exquise créature à Aberdeen. L’Ecosse était et restera à jamais un pays spécial à mes yeux. Certaines personnes vouaient une haine considérable à leur pays natal alors que je l’aimais à la folie. Autant que cette jeune femme. Maureen. Un petit bout de roussette à l’air angélique. Mon exact opposé. Elle donnait l’impression de marcher sur du coton tant elle était délicate alors que j’étais un piètre élève dans l’art de marcher sur des œufs. Elle prenait toujours des pincettes quand je n’hésitais pas une seconde à balancer la sauce dans le plus grand des manques de tact. Et si je l’avais tout d’abord bernée avec mes belles paroles, elle avait réussi par je-ne-sais quel tour de magie à m’ensorceler à son tour.

J’étais foutu.

La gratifiant d’un sourire sincère mais qui peinait à illuminer mon visage, je me tournai à nouveau vers la scène où jouaient ceux que j’appelais mes amis. Qui l’étaient. Et que je jalousais plus que jamais, eux qui avaient tout réussi, qui se produisaient devant des dizaines de milliers de personnes alors que je restais dans les coulisses. Quand mon seul rêve avait été de briller.

- Tu es tout aussi important qu’eux, Alec. Ils ne sont rien sans toi.


Je posai ma main sur celle de Maureen qui avait avancé de quelques pas pour se coller à mon dos, une main sur mon épaule. Je ne répondis pas, les lèvres pincées, me contentant d’entremêler ses doigts aux miens. Elle était douée. Je les avais toujours enviés en secret, les bougres, et voilà qu’une demoiselle qui n’était entrée dans ma vie que quelques mois plus tôt perçait ma carapace sans me demander mon avis. Je haussai les épaules, nonchalant.

- Je sais. Ils joueraient encore dans des arrière-salles de pubs si je n’avais pas été là.

L’air le plus détaché et sûr de moi possible, je ne l’avais pas bernée. Pas Maureen, qui lisait dans mon regard que je m’efforçais de fermer mais qu’elle réussissait toujours à pénétrer. Même quand je me bornais à donner l’illusion d’être sûr de moi.

- Et tu ferais bien de te le dire plus souvent. Tu voudrais être là devant, ne fais pas l’innocent, je le lis sur ton visage.


D’un geste brusque, je me tournai face à elle, posant une main sur sa joue et la fixant d’un regard dérangeant. Plantant mes iris dans les siens, mon autre main vint attraper l’une des siennes. J’étais guidé par une force invisible et je n’avais aucune idée de ce que j’étais en train de faire, sinon que je me sentais frustré. Frustré et énervé de n’avoir pas réussi à être impassible, pour une fois. Et s’il y avait bien une personne au monde à qui je refusais de dévoiler mes faiblesses, c’était bien à la jeune femme qui se tenait face à moi.

- Je vais très bien, Maureen, je…
- Soit, Monsieur Murdock
, me coupa-t-elle avant de m’ôter d’un baiser toute envie de continuer à répliquer.

Quelques mois et elle me connaissait si bien.

Si j’avais su…

***

https://youtu.be/CmwRQqJsegw

- Et c’est la fin d’une magnifique tournée ! Merci, les gars, c’était cool. Mention spéciale à ce bon vieux Alec qui s’est toujours démerdé pour faire les choses bien et au bon moment… merci, mec ! On n’aurait pas joué devant dix mille personnes tous les soirs si t’avais pas ét…
- Si tu me casses encore les couilles avec tes sentiments, je te jure que je vomis sur tes pompes !


Rire général dans l’assemblée. C’était sorti droit du cœur, pourtant, mais eux, toute l’équipe, la cinquantaine nécessaire pour faire tourner le groupe, ça les faisait marrer. Mon manque évident de sympathie en effrayait plus d’un lorsqu’ils avaient affaire à moi pour la première fois. Je pense à tous ces petits roadies, notamment à la pisseuse qu’avait été Maureen alors qu’elle n’avait pas vingt ans et qu’elle m’avait pété les noix pour tourner avec nous. Et maintenant, regardez où on en était… Deux ans et elle était l’unique personne de l’univers qui avait conscience de l’homme que j’étais et que j’arrivais encore à tolérer dans ma vie après ça.

- Sérieux, les gars, je vous jure que je le fais ! Bon, qu’est-ce qu’on attend pour se mettre une murge ?
- Quand j’aurai dit mon dernier mot, Murdock, ensuite tu pourras boire autant qu’il te plaira !


La voix de Maureen qui venait de s’élever dans la pièce, obligeant tout le monde à se tourner vers elle, semblait tremblante. Contraste étrange avec son sourire radieux qui, pourtant, s’évanouissait d’habitude à l’idée de rentrer à la routine de l’Ecosse pour un an. Je plissai les yeux, sourcils froncés. Mimique qu’ils s’amusaient tous à imiter et qui, même si elle semblait désagréable, ne l’était pas toujours. Comme en ce moment. Je ne répondis pas, me contentant de la fixer avec mon regard plissé et ma bouche de travers jusqu’à ce qu’elle accouche.

Silence. Quelques secondes à peine avant qu’une voix féminine, celle d’une autre roadie qui tournait avec nous depuis le début, se fasse entendre :

- Bah alors, ‘Reen ? C’est quoi ton dernier mot ?

Un rire nerveux parcourut la salle, mené par Maureen qui se tenait face à moi, quelques mètres nous séparant. Elle joignit ses deux mains, tritura ses doigts quelques secondes, sépara ses mains, prit une grande inspiration…

- Je suis enceinte.

Je mis quelques secondes à comprendre. Je clignai des yeux un moment. Je crois que personne n’osait dire un mot tant que je n’avais pas réagi. Douche froide. Pas d’horreur, bizarrement, moi qui avais toujours craint l’engagement. Je secouai la tête avant de comprendre. Et les premiers mots qui sortirent de ma bouche avant que je ne coure vers Maureen pour la prendre dans mes bras furent ceux-ci :

- Tournée générale, bon dieu !

Papa. Mot qui résonnait étrangement bien à mes oreilles. À presque trente ans, je n’avais encore jamais réfléchi à comment je réagirais si ça arrivait… C’était étrange. Mais pas désagréable.

Ce soir-là, j’ai pris la plus grande cuite de toute ma vie. J’ai touché à la cocaïne pour la première fois sans que ça ait d’incidence sur ma vie. On m’a vu sourire sincèrement pendant au moins une semaine sans que je plombe l’ambiance avec mes remarques désagréables. C’était bizarre pour tout le monde, moi le premier.

***

Haven Bay, Caroline du Nord, 2009.

- Dis, papa, est-ce que moi aussi j’ai une maman ?

Il y a une chose que j’avais oublié de prendre en compte lors de l’annonce de la grossesse de Maureen : sa nervosité. Extrême. Trop profonde. J’avais pris ses soupirs, ses rires jaunes, ses mains triturées pour une peur de ma réaction. Ça aurait pu se comprendre. Ce bébé était l’accident le plus improbable de toute notre vie, le « truc auquel on n’avait pas pensé », le pourcentage d’erreur de contraception. On n’était même pas ensemble depuis longtemps. Notre mode de vie n’avait rien de stable à l’époque. Un bébé était la dernière chose dont nous avions besoin sur les routes.

La question d’Aileen me laissa sans voix. Pendant une seconde, je me contentai d’ouvrir la bouche, de la refermer aussitôt, sans trouver les mots. J’avais redouté ce moment durant cinq ans.

- Tu sais, pour avoir un bébé, il faut un papa et une maman. Tous les petits enfants ont une maman.
- Donc, moi aussi ?
- Oui, toi aussi.


Le problème avec ma fille, c’était qu’elle avait toujours vécu entourée. De son père. De techniciens. De musiciens. D’un public qu’elle entendait hurler tous les soirs pendant plusieurs mois depuis l’âge d’un an avant que tout s’arrête brusquement, puis recommence, et ainsi de suite. Elle suivait mon mode de vie parce que j’étais trop égoïste pour tout arrêter, l’envoyer dans une école stable avec des enfants de son âge et qu’au lieu de me poser pour de bon, j’avais décidé, une fois qu’elle serait arrivée à l’âge de l’école primaire, de l’aider moi-même à suivre un programme scolaire en suivant les conseils d’un roadie qui avait enseigné pendant cinq ans avant de décider que ce n’était pas pour lui. Chouette vie pour un gosse. Moi, je trouvais ça chouette.

Mais une fois rentrés à la maison à la fin d’une tournée, Aileen et moi, on se retrouvait seuls. Tous seuls.

- Et toi aussi, alors ? Elle est où, ta maman ?


La petite blondinette aux reflets roux grimpa sur le canapé et vint s’installer sur mes genoux, face à moi, les jambes de part et d’autre de mes cuisses. Du moins aussi fort que sa souplesse d’enfant le permettait. C’était sa position préférée quand elle décidait qu’elle voulait être curieuse, me questionner et me faire tourner en bourrique. Elle me fixa avec un regard décidé, me montrant de cette manière que du haut de ses cinq ans, elle ne lâcherait pas l’affaire. Jamais.

- Elle est en Ecosse. Je t’ai déjà parlé de l’Ecosse, tu te rappelles ?

Elle hocha la tête plusieurs fois. Mais elle avait toujours l’air soucieux. Elle fit claquer sa langue contre son palais, petit bruit qui confirma ce que je pensais – quelque chose la chiffonnait assez pour qu’elle hésite à poser la question.

- Qu’est-ce qui se passe, petit loup ?, l’encourageai-je en replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

Je connaissais parfaitement la question qui lui brûlait les lèvres. Je n’étais pas prêt à y répondre, mais je me devais de le faire. Aileen était la seule personne au monde avec qui je perdais mon caractère de cochon. Elle arrivait à m’adoucir. Bordel, cette gamine était devenue mon monde entier. Je fondais au moindre de ses mots.

- Ma maman aussi, elle est en Ecosse ?

C’était sorti. Je la vis soupirer, se détendre. On croit toujours que les enfants ne sont que des morveux qui ne comprennent rien, j’étais le premier à le penser avant de devenir papa. Mais avec cette gosse, j’avais découvert la vérité : ils sont bien plus éveillés que n’importe quel adulte sur cette Terre.

- Non, elle est…

Maureen était quelque part en Caroline du Nord, raison pour laquelle j’avais décidé d’acheter une maison ici. Elle nous avait lâchés alors qu’Aileen avait un an à peine, trop petite pour avoir un quelconque souvenir de sa mère. On s’était rendu compte de sa disparition après le concert à Jacksonville, j’avais retrouvé sa trace après deux mois du côté d’Haven Bay. Pourtant, elle avait toujours refusé de me voir. J’étais dans le néant total, si ce n’était que la dernière dispute que nous avions eue avait été au sujet de sa jeunesse foutue, deux ou trois jours plus tôt. La fuite avait été sa solution. Mais comment expliquer cela à la demoiselle qui gigotait sur mes genoux en attendant la suite ?

- Partie en vacances. Elle est partie en vacances et elle est restée là-bas parce qu’elle s’amusait beaucoup.

Bravo, Murdock. Encore un bon vieux mensonge. Mais qu’est-ce que vous vouliez que je lui dise ? Que sa mère n’en voulait pas, qu’elle était partie vivre sa jeunesse en oubliant qu’elle avait un enfant qui avait besoin d’elle ? Elle n’avait que cinq ans ! Je refusais d’en faire une dépressive chronique dès le plus jeune âge…

- Elle va rester toute la vie en vacances ?

Elle semblait satisfaite de ma réponse. Quelque chose devait probablement lui manquer, au vu de ses questions incessantes, mais son visage avait retrouvé un air serein. Je secouai la tête de gauche à droite et pris ma fille dans mes bras. J’avais besoin de ce petit rayon de soleil.

- Je ne sais pas, j’ai murmuré en sentant son visage s’enfouir dans mon cou.
- Et nous, on peut partir en vacances ?

Je ris doucement.

- Bien sûr.

***


- C’est de la merde ! C’est complètement de la merde, les gars. Ca fait trois mois que vous tournez sans rien changer, avec une discographie comme ça, vous auriez de quoi jouer cinq sets différents et vous continuez de faire la même chose. Vous vous faites pas chier ? Parce que moi, je me fais chier.


Je m’affalai sur mon siège, bras croisés, lèvres pincées. Ils m’agaçaient. Ils avaient tout pour eux, ces enfoirés. Tout pour eux. Et ils se contentaient de jouer les mêmes morceaux en boucle, tous les soirs depuis le début de cette foutue tournée.

- On va y penser, Alec.

Levant les yeux au ciel, je retins un grognement agacé.

- Ouais. Y penser. Ça serait cool.


En fait, je les ai un peu obligés à se renouveler. J’en avais plein les miches de leurs conneries de grosse tête ou d’allez savoir quoi. Et ce n’était pas parce que je les enviais à crever – ou peut-être un peu -, mais bien pour leur filer un vrai coup de main. Parce qu’ils restaient mes amis et l’un d’entre eux n’était autre que le parrain d’Aileen.

Ça a fonctionné. Succès double. Nouvel album carrément différent. Public encore plus varié.

C’était l’éclate, putain. La vraie éclate. Et six mois plus tard…

***


- Est-ce que tu as une idée de ce qu’est un cancer, Aileen ?


J’avais trouvé cette question cruelle. Cruelle, dégueulasse, ignoble. Et j’aurais tellement préféré qu’on la préserve, qu’on lui explique les choses différemment, qu’on soit moins intrusif dans sa vie d’enfant de dix ans.

- Mais tu sais, papa, c’est pas si grave, elle m’avait dit en rentrant à la maison.

Et moi, j’observais la boule qui s’était formée sur sa tête, une bosse aussi grosse qu’une balle de ping pong, et je soupirais. On avait d’abord cru à la mauvaise chute qu’elle avait fait en sport, trois jours avant de remarquer qu’elle enflait au lieu de se rétracter.

- Non, ma chérie, c’est pas si grave, j’avais acquiescé en m’efforçant de ne pas montrer mes inquiétudes.

Mais j’étais mort de trouille. Elle devait passer sur le billard, se prendre des radiations dans la face, et tout ça c’était le minimum pour se débarrasser de ce truc. Et le minimum, c’était déjà trop. Ça ne devait pas arriver à ma fille et c’était forcément un cauchemar.

- Pourquoi tu t’inquiètes ? Tu sais, on le voit quand tu t’inquiètes, t’as plus l’air grognon.

Je souris à ma fille. Un maigre sourire, à peine crédible. Mais ça suffit à lui rendre le sourire à son tour. Elle s’approcha de quelques pas et me pris dans ses bras. Elle ressemblait trait pour trait à sa mère, tant physiquement que pour son caractère.

- T’en fais pas, c’est pas la mort, c’est qu’une petite opération !


Aileen Murdock, dix ans, et l’art de relativiser bien plus que son père de trente-huit balais. Elle était forte, cette gamine.

***

- Elle va mieux ?

Je hochai la tête avec un plaisir non dissimulé. Mais toujours des larmes dans les yeux. Ça faisait quatorze mois qu’elle se battait contre cette saloperie qui ne cessait de revenir. On avait tout tenté. Pour au final la réopérer, la paralyser d’une moitié de visage pour gratter cette tumeur mais la sauver. Si tout se passait bien, elle était sauvée. Et c’était le plus beau à mes yeux.

- Ouaip. Mieux.

J’avais dû bosser à domicile pendant plusieurs mois et on avait décidé de reprendre la route dès le mois suivant. Elle et moi. Elle avait grandi dans cette ambiance et ça lui manquait probablement plus qu’à moi, d’ailleurs. Je lançai un coup d’œil à la jeune femme qui s’amusait à jouer avec ma tignasse désordonnée, un éclair de vie dans le regard. J’avais la tête posée sur ses cuisses. Elle et moi, c’était… compliqué. On se voyait de temps en temps, on s’envoyait en l’air et ça s’arrêtait là. Je crois qu’Aileen n’était pas bête et avait bien compris qu’elle ne s’en allait pas quand elle allait se coucher. Elle n’en avait jamais rien dit, cependant.

Comme quoi je n’avais jamais été un père exemplaire. Plutôt un mec tout seul qui s’efforçait d’aimer sa fille.

- Elle le mérite. C’est une chouette gamine.

Et elle avait raison. Putain, qu’elle avait raison.

***

Houston, Texas, février 2016

« On ne peut plus rien faire ».

Alors comme ça, c’était sans espoir. Très bien. Sans espoir. Parfaitement. À ce stade, j’étais encore incapable de comprendre si c’était la pire horreur de toute ma vie ou si j’en avais quelque chose à foutre tant je m’anesthésiais. Calmants. Somnifères.

Cocaïne.

Je m’enfilai un nouveau rail. Pour être franc, je me réfugiais dans la fête. La grande, grande fête post-concert. Les trucs bien crades avec de l’alcool, de la coke et parfois une gonzesse qui me trouvait assez canon pour oublier qu’elle avait été rejetée par un des mecs qui se trouvaient sur la scène. Aileen ? Son état ne faisait que se dégrader. On lui avait donné six mois. Elle dormait beaucoup. Presque tout le temps. Quand elle ne dormait pas, je m’occupais d’elle parce qu’elle hurlait de douleur, elle avait des migraines incroyables. C’était encore rare mais le médecin m’avait prévenu que ça continuerait d’arriver. On était en attente d’un potentiel traitement-test. En gros, on faisait de ma gamine un cobaye. Situation sans espoir. On l’utilisait pour tester des médocs même pas finis. Et encore. On en avait pour trois mois avant de savoir si elle était ou non compatible.

Montée. Putain. Bonheur. De courte durée. J’embrassai avec fougue la blondasse à mes côtés. J’exagérais. Peut-être. Un peu.

Mais c’était surmontable. Putain, ça pouvait pas être pire qu’un foutu cancer.



Haven Bay, 19 septembre 2016

- Ecoute, Murdock, ça nous fait pas plaisir ce qu’on a à te dire…
- Accouche.


Un regard en coin, bourré de mépris pas le moins du monde dissimulé.

- Tu sais ce qu’elle représentait pour moi.
- Ta filleule, ouais. Ta putain de filleule, heureusement que t’en avais un truc à foutre.


Il claqua de la langue sur son palais. Ça a eu le don de m’arracher un rire jaune, même pas amusé. Son bruit préféré. À elle. Son petit toc.

- Ça fait trois semaines, Murdock, on sait que c’est compliqué, ça l’est pour nous tous… on pense que tu devrais, tu sais… prendre un congé.

Je tournai la tête vers le bassiste, un œil plissé, les sourcils froncés. De quoi est-ce qu’il me parlait ? On se marrait bien, putain !

- Nope. Pas de congé.

Il eut l’air embarrassé. Pinça les lèvres.

- Je crois que tu ne comprends pas.
- Quoi, tu me vires ? Tu crois que je suis con à ce point ?


Manquait plus que ça, tiens. Je me levai, titubai légèrement. Je vivais les pires instants de ma vie entière. Les seules choses qui me tenaient encore debout, c’était les saloperies que je prenais et la route.

- Non. Mais faut que t’arrêtes les conneries, mon vieux con, arrête la coke, arrête les médocs. T’es gris. Si quand l’album sort t’as pas changé, désolé mais on devra faire ça sans toi. Ça te laisse quoi ? Un an ? Bon courage, vieux.

J’entendis la porte claquer mais je ne voyais plus rien. Ça bourdonnait dans ma tête. Vous savez ce que j’étais devenu ? Un fantôme. L’ombre d’un connard. Tout ce que je prenais ne servait qu’à m’anesthésier et putain, ça ne me faisait pas de mal.

Voilà comment j’ai fini par me décider à prendre rendez-vous chez une psy ou une connerie du genre. On verrait bien. La menace de mon meilleur ami. Un couteau en plus au fond du cœur.


 


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Dernière édition par Alec Murdock le Lun 19 Sep - 22:21, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Mar 13 Sep - 22:01

Re-bienvenue avec ce perso qui claque
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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Mar 13 Sep - 22:36

Merciiii

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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Ven 16 Sep - 10:23

Hey ! Désolée du double post, je bûche sur la présentation mais je vais avoir un week end très chargé et pas certaine de pouvoir passer beaucoup (ni en Alisha d'ailleurs). C'était juste pour prévenir que je ne vous lâche pas♥

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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Dim 18 Sep - 0:45

Pas de soucis ♥
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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Mar 20 Sep - 0:04


BRAVO, tu es validé(e)

Bon retour avec ce perso donc  

Histoire touchante, j'ai hâte de voir la suite avec lui. En espérant qu'il se remette de toute cette histoire  

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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   Mar 20 Sep - 6:33

Merci, m'sieur

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MessageSujet: Re: Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec   

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Dear old darkness I've come home again, underneath the stars right to where it started | Alec
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